Le 17 décembre: est-elle une journée de deuil ou de joie?


Certains considèrent le 17 Décembre jour de la révolution quand Mohamed Bouaziz s'est brulé et le mécontentement du peuple s'est amplifié. D'autres défendent la date du 14 Janvier quand Ben Ali a pris l'avion sans retour jusqu'à sa mort. D'ailleurs, on prononçant le "17”(10-7), on fait allusion au 7 Novembre.

A mon humble avis, la Tunisie n'a pas connu une vraie révolution. Bien au contraire, elle a subi une sacrée amputation de dix Ans de son histoire et de notre espérance de vie marquée par la querelle et la corse au pouvoir, et ce, en dépit de la volonté du peuple. Les élections ont été tronquées et falsifiées, et les voix ont été achetées.

Et ce dernier mandat législatif et présidentiel (2019-2024), il lui reste 3 ans. Il serait utile que toute la classe politique prenne un congé sabbatique de 3 ans pour faire une autocritique et changer sa vision avant d'entamer les prochaines élections car le même chemin mène au même endroit et la même vision mène au même bilan.

Nous ne pouvons pas changer du peuple mais avec les mêmes ingrédients, nous pouvons faire des repas différents. On doit choisir le bon chef cuisinier. Le parti des jeunes bâtisseurs sera au rendez-vous. Il a formulé son programme électoral et tous les partis peuvent puiser de ses projets. On ne peut que les soutenir.

En attendant que ce parti des jeunes voit le jour, il ne faut pas faire de fête tant que le bilan est négatif. Il faut plutôt faire la commémoration des victimes de cette révolution et chercher des solutions sociétales pour sortir du pétrin.

Je propose ainsi que le 17 décembre soit une journée de deuil national. Nous, Tunisiens, psychologiquement effondrés à cause de ce qui s'est passé durant ces dix ans de braise, nous n'avons pas compris ni ce que s'est passé ni comment les choses ont évolué. Et tout a mal tourné. Un deuil symbolique peut nous aider à surmonter nos états d'âmes.